Confiné.

Cela fait un moment que je n’ai pas publié d’article, je n’avais juste pas envie d’écrire. Le temps s’est comme figé pour moi. La constance n’est pas une qualité qui m’est acquise. Je me pose pas mal de questions depuis le dernier article. Je ne vis sûrement pas l’expérience comme je devrais la vivre. J’en suis conscient. Je pense que j’avais une conception du voyage différente. Je n’ai pas eu de chances, l’année où je prends la décision d’une expérience internationale, de me donner une nouvelle impulsion afin d’anéantir cette sensation de stagnation pesante, le COVID19 envahit nos contrées. Je ne dramatise pas ici, j’essaie d’analyser la situation.

J’ai tendance à m’enfermer facilement, j’ai toujours été confiné quelque part. Je n’ai jamais vraiment avancé, il me manque une force que j’essaie d’acquérir, peut-être ne sommes nous pas tous fait pour ce type d’expérience. Peut-être que souvent j’ai l’impression que tout va radicalement changer, que je suis capable de me donner cette nouvelle impulsion, en fait, je ne pense pas l’être. On idéalise les départs à l’étranger, ils sont souvent synonymes de vacances. La réalité te rattrape très rapidement. Le voyage est sûrement comme une relation amoureuse. La poursuite du bonheur ne passe sûrement pas par transporter sa solitude et l’amener à 5000 kms de chez soi.

J’ai enregistré mille brouillons pour cet article, faut dire que mon mental a tendance à faillir facilement. Il est mon moteur, j’ai donc vraiment l’impression que ce moteur est au point mort trop souvent. Alors quand je suis en bas, rien ne sort véritablement. Je ne sais pas vraiment d’où ça vient, mais c’est vraiment compliqué. Si je ne m’étais pas remis au sport avec un vrai objectif de recouvrer un corps fonctionnel et d’être en bonne santé, je crois que j’aurais continué à faire comme j’ai fait toute cette dernière année. Broyer le noir dans l’ivresse et la mal bouffe. De mettre mon corps à l’arrêt. Le remplir pour se sentir plein, combler le vide. Serais-je un éternel insatisfait ? C’est sûr. Trouver l’équilibre dans sa vie est sûrement un objectif ultime, j’y trouve une résonance dans la poursuite du bonheur. Je crois que je suis vraiment perdu. L’expérience mi-figue n’aide pas. Au début j’ai mis ça sur le compte du confinement, de la fermeture des commerces. La paralysie que provoque la pandémie n’a quasi aucun impact sur moi. Le confinement actuel est celui que je vis depuis très longtemps, je ne me complais pas ici. Cela n’altère pas mon état ni en bien, ni en mal. Je vais essayer d’avancer autrement. Là je vais changer d’appartement, je m’en vais dans le centre. Dans un appart sympa, dans l’immeuble, y a même une piscine extérieure, un barbecue énorme, une salle avec billards et babyfoots, une salle de sport, un sauna. Tu te doutes bien que tout est actuellement indisponible en raison de la situation actuelle. Je verrai bien comment ça se passe. J’y entre lundi. Je ferai sûrement un autre article un peu plus fun. D’ici là porte toi bien. Fais attention à toi.

Marc.

Slide…

Parc La Fontaine, Montréal.


Le parc est un endroit assez fantastique, tout de blanc vêtu cet espace où les arbres demeurent immarcescibles, où les étendues d’eau se changent en patinoires géantes revêt son masque blanchâtre en cette période propice. Au centre un balai artistique, méli-mélo de chutes et d’habiles figures, le bruit de la lame tranchant le givre à chaque pas est une source de plaisir, le tout dans cette nature stoïque nous accueillant sur son toit fragile. Quelle étrange communion qu’est celle, entre ce froid intense et la chaleur de l’effort. La glisse fait ressurgir de lointains souvenirs. Ceux du roller. J’ai pratiqué sévèrement. J’ai adoré, ressenti les mouvements des curves. Celui du macadam ficelé. La friction du fer sur ma platine, l’amour du 180 BS&FS. Mon poids actuel interdit la rotation complète mais le plaisir est là.
Pour 10€ on te remet le sésame, des K2 pour rider. La première séance avait des airs de promenade dominicale, mais quel plaisir ! Rien que pour cette séance de glisse, le billet valait son pesant d’or.

Vise juste !

J’ai commencé mon nouveau job. La job, comme on dit ici. Malgré ma tête de bagnard tout juste incarcéré sur mon badge, je ne suis pas déçu du tout par cette transition professionnelle, du cloud, de l’IAC, du PaaS, du temps pour la R&D, des collègues sympas et une ambiance de travail vraiment propice pour faire du bon boulot.
Je prends mes marques, petit à petit. Vendredi c’était la première activité en équipe. Le lancer de hache, bien que les débuts aient été compliqués l’activité est vraiment plaisante. Il existe une réelle satisfaction à lancer cet outil et le planter dans la cible. Il en existe deux sortes. Une petite d’environ 30 cm et sa grande sœur d’environ 60cm. L’imposante dimension de l’objet impose une rigueur dans la gestuelle appliquée pour son lancer. L’entendre fendre le panneau de bois est un plaisir indicible. L’entraîneur doit être rigoureux pour atteindre une occurrence correcte. L’activité s’avère très addictive et on s’étonne de son impatience à récupérer le Graal afin de le propulser dans les airs. Même si mes collègues québécois m’ont indiqué que cette pratique n’était pas courante, contrairement à ce que beaucoup disent, c’est une activité à faire assurément.

Des nouvelles bientôt !!!
Ne te couche pas trop tard !

Marc.


Froid et transpiration

Me voici au dixième jour de mon périple montréalais. Tu le crois toi ? J’arrive pas à réaliser, le temps passe si vite. S’il y a des hauts et des bas. Mon mental est comme le mercure, variable, instable. Sinon j’ai quand même fait de très jolies balades. Je suis allé marcher du côté du mont royal. Tout ici a un côté station de ski. La neige y a un rôle important, mais il faut bien l’avouer ce décor blanc est assez fantastique.

Il y a des pistes pour le ski de fond, des chemins tracés pour faire de la raquette et les écureuils y ont trouvé refuge. Le froid s’accompagne d’une petite brise au sommet mais ce jour là le thermomètre affichait -1. Pas de quoi paniquer, ni sentir sa morsure. Le temps au sommet se fige, laisse place à l’introspection. Des souvenirs par milliers font danser les synapses, le manque, une envie de partager tout ça. Quels merveilleux outils que les réseaux sociaux pour avoir l’impression d’avoir une quelconque présence derrière soit. Ne pense pas que ces phrases soient négatives. La solitude est une compagne. Elle inspire, tire vers le haut et le bas. C’est ici, à cet instant précis que se forge le mental, que la peur subsume à l’esprit, que refont surface toutes les questions que l’on peut avoir dans le cône. J’ai encore des milliers de choses à voir et ça me motive à mettre un pas devant l’autre chaque jour. C’est pareil pour toi l’ami(e) ?

Un goût de rouille et d’os.


Ça a ni un goût de rouille, ni un goût d’os.

Tradition touristique oblige, un passage par la poutine s’imposait. Poutine Ville propose de composer son met. Flemme oblige ou envie de se laisser guider : j’optais pour la poutine de base. Tu peux observer cet amas de sauce mélangée aux pommes de terre et à la viande de bœuf cuisinée façon carbonnade flamande le tout accompagné du fameux skouik-skouik, le fromage québécois. C’est vraiment bon mais les proportions sont incroyables et la version : « grande » est à traduire par gargantuesque. L’assiette est disproportionnée. Poutine le mardi, A&W le jeudi, AVC le samedi.
J’ai aussi repris le sport. Essentiellement du cardio, le circuit training possède une rigueur certaine. Ça fait du bien de renouer avec cette souffrance. Les poids m’ont étouffé cette aprèm. J’accuse le coup d’une année à picoler, d’une mal bouffe intensive. Il faudra redoubler d’effort pour recouvrer une silhouette normale. Je compte sur le coatch pour m’emmener vers de nouvelles sphères. Il est souvent difficile de se motiver seul, en tous cas il est très facile de se démotiver. L’objectif serait de développer une bonne technique de boxe. J’aimerais ici y trouver ce bon vieux goût de rouille et d’os.
À Montréal, j’ai cette sensation de pouvoir faire quelque chose de nouveau. Ce week-end sera l’occasion de découvrir le patin à glace et de contempler le lac aux castors.

Marc.



Nouveau départ

Quand un soir on t’apprend que tu es engagé pour aller bosser à Montréal, y a une espèce de spasme qui envahit ton corps et son contrôle alors t’échappe. C’était une joie immense pour moi, je me souviens plus jeune, Rachelle était en échange international et était venue passer quelques années de lycée à Saint-Omer. Elle venait du Canada et pour moi c’était extraordinaire de voyager comme ça et j’imaginais ce que ça devait être pour elle de se retrouver à Helfaut en quittant une ville comme Burlington. Je la comprends un peu mieux aujourd’hui. C’est vraiment excitant. C’est du sel, posé là, en suspens.

J’ai toujours rêvé au travers les récits et visites des potes, grâce à eux j’ai voyagé un peu, Italie, Espagne, Pologne, ai visité quelques jolies villes en France. Tous ces voyages comme des accomplissements personnels. L’enrichissement du soi par les autres. Je trouve ça génial et gratifiant. Je pense que c’est un peu comme ça qu’est naît chez moi ce besoin irrépressible de partir faire ma propre expérience. Le Canada, c’était l’occasion rêvée. Un soir, j’étais avec mon cousin, on discutait de nos envies communes et je me souviens lui avoir sorti : “Moi ce que je voudrais ? Aller vivre au Canada.”, y avait pas de motivation particulière pour ma part, peut-être que je voulais me donner de la consistance en alimentant un départ fictif à l’étranger. Cependant de cet échange c’est sa réponse qui m’a marqué. “Tu sais, on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie.” Ca a résonné en moi négativement. Je me suis dit “et pourquoi pas ?”. Je l’ai laissé partir et j’ai longtemps cogité. C’est resté gravé là au moins 20 piges.

Le mardi 4 février je prenais l’avion pour Montréal. Putain, ça fait déjà 5 jours. Ca va te paraitre con mais franchement, j’étais loin d’imaginer que le départ serait une telle déchirure. Une perte de repère, j’ai plongé tête la première dans un hiatus obscur. Les larmes, la remise en question, la fatigue, le décalage horaire. La neige, le nouveau quartier, l’accueil. La première sortie pour visiter le quartier a été salvatrice. Les rayons du soleil gardaient secret le froid intense qui pesait sur la ville. Ce froid qui est une véritable gifle, te ramène à toi, à la neutralité des éléments, à la singularité, l’essentiel. Même si le froid givrait mes poumons, je prenais mon pied. J’étais dehors, je découvrais. J’avais perdu ça à Lille. Je ne sais pas combien de temps cet état d’esprit va durer, mais j’en profite au maximum.

J’ai rencontré les collègues et ai visité les locaux. Un superbe accueil, ça promet d’être enrichissant. La ville est belle et a beaucoup de charme. J’aime beaucoup l’amalgame entre les buildings gargantuesques et la modestie d’une paroisse en pierre. Ca m’a fait penser à la normandie (la pierre…). Le bâtiment d’à côté c’est Eidos. Ca m’a ramené à l’enfance, Tomb Raider, tu connais. Je mettrai régulièrement à jour, par des postes réguliers. Je vous aime presque tous. Des bisous.

PS: Je vous mets deux photos pour vous montrer la neige dans le quartier où je traine actuellement, c’est Rosemont, la petite patrie.

Y en aura sûrement plein d’autres.

Marc.

Le vieux vélo

Ce matin je suis allé manger dans un restau brunch. Le vieux vélo. Situé rue Baubien. le mercure affichait -17 °C, tout en marchant je sentais ma barbe geler. Entendre le chausson s’enfonçait durement dans la neige, le froid envahir le bout des doigts jusqu’à les mordre, le sentir scalper les joues, durcir la salive, l’empoisonner presque. Le trajet fut difficile et presque couronné d’un échec, puisque je décidais de ne pas visiter le mont royal. Les températures seraient plus clémentes les prochains jours. Le restau arbore une façade contemporaine et bien entretenue. A l’entrée l’accueil sympathique me mit en joie, je commandais et on m’apportait cette assiette bien remplie, pommes de terre, saucisses, pain grillé, salade, compote de haricot rouge et oeuf sur le plat. Un régal.